La palme grise

Jeudi 29 Octobre 2009


Quand Le ruban blanc débute, je suis étonné de constater que la palme d’or est grise. C’est un film qui sera totalement en noir et blanc. Ainsi, Michael Haneke ne peut exhiber une palme d’OR (dont il a pourtant dit qu’il était « très heureuse ») et il affiche une palme GRISE.


La palme grise

Le noir et blanc n’est jamais très contrasté, mis à part dans les très belles scènes de nuit. Nous ne sommes pourtant pas en présence d’un film gris mais plutôt d’un film en demi-teintes, tout entier dans la nuance, d’une extrême finesse. Cela faisait huit ans (avec Le Pianiste) qu’un réalisateur ne m’avait pas coupé l’envie de contester une décision cannoise. Et si une palme grise valait mieux qu’une palme d’or ?

Rédigé par Pierre Bas le Jeudi 29 Octobre 2009 à 14:57

Poétique du film pique-nique

Mardi 20 Octobre 2009

Qui a dit qu’en France, on n’aimait pas les genres ? Quel théoricien du cinéma fainéant et aveugle n’a pas remarqué que l’ensemble de la production française c’est spécialisé dans un genre unique (et que la planète entière nous envie) : le film pique-nique.


Poétique du film pique-nique
Notre cher voisin
En France, on aime la convivialité : prendre le café en famille, l’apéritif avec les voisins, le dîner avec les amis. Les américains privilégient le spectaculaire alors que dans l’heptagone on pratique un cinéma de proximité. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas la vie de détective solitaire ou d’astronautes téméraires mais celle de notre voisin de pallier. Combien prend-il de sucres dans son café ? Vote-t-il LCR ou Front national ? Fume-t-il des gauloises ou des gitanes ? Autant de questions passionnantes auxquelles le cinéma se doit de répondre.
Rédigé par Pierre Bas le Mardi 20 Octobre 2009 à 19:21


Voir Star Wars une fois par jour peut provoquer de graves troubles psychiques. Neill Blomkamp, qui s’en est vanté , n’a pas pour autant suivi de thérapie. Il a seulement fait des films, enfin des objets filmiques. Après moult courts métrages et publicités, il est responsable de ce pudding de mauvais goût qui a ravi les critiques du monde entier : District 9. Après ma charge contre les enfants dans ma critique d’ Harry Poter, j’ai cette fois envie de me payer les geeks et (une espèce bien plus néfaste) les critiques à la mode.


Distrinct 9 ou Le culte de la laideur

Les ambitions de District 9 sont trop évidentes pour que le film soit vraiment intéressant. Politiser la science fiction n’a rien de nouveau (du Jour où la terre s’arrêtera aux films de Carpenter en passant par Verhoven). Si un réalisateur veut faire un transfert pour parler du racisme ou nous expliquer pourquoi le monde dans lequel on vit est si dégueulasse, il est très facile de remplacer les noirs, les soviétiques, les Viets ou les Indiens d’Amérique par des « Aliens » (expression qui au premier sens signifie étranger). Il n’y a aucune raison pour qu’un film de Science Fiction soit moins personnel ou politique que le plus austère des films façon Nouvelle Vague. Il est donc tout à fait banal que Neill Blomkamp, voulant parler de l’Apartheid, ait un peu maquillé l’affaire pour apporter leur dose de sensations fortes (cheaps) à ces sympathiques bouffeurs de chips et d’insomniaques compulsifs dopés à World of Warcraft que l’on appelle plus communément des geeks. Mais à la vision de District 9, je me demande si son arrière plan politique n’est pas simplement un alibi pour se vautrer dans l’infantilisme le plus ordurier, enchaîner les scènes de gunshoot illisibles, le tout couronné de relents scatologiques.
Rédigé par Pierre Bas le Mardi 20 Octobre 2009 à 12:02