La signature en fin de générique n’y trompe pas.
Mitchell Leisen (1898-1972) est bien un cinéaste Paramount. Tout d’abord car seuls les cinéastes de la Paramount étaient amenés à déposer ainsi leur marque. Ensuite car le bon goût de la mise en scène, l’élégance des costumes et l’opulence des décors, inhérents à cet intellectuel maniéré, sont caractéristiques du cahier de charge du studio. Cet ancien assistant de Cecil B. De Mille était costumier et décorateur. Ceci explique sans doute cela. Preuve qu’il est aussi metteur en scène, Mitchell Leisen sait mettre en valeur les décors. Inspiré par les grands peintres, il place une caméra mobile qui initie de longs travellings décrivant les espaces avec précision afin d’en saisir toute l’ampleur. Les costumes savent jouer des rôles symboliques et illustrent les multiples personnalités des personnages qui se travestissent. Il y a de la théâtralité chez Leisen. Des rideaux qui s’ouvrent, des escaliers qu’on monte, des portes aux rôles lubitschiens, des espaces fermés. Leisen aime à instaurer des ruptures de ton, conférant à ses œuvres une indéniable mélancolie. Les comédies, même les plus loufoques, sont ponctuées de temps morts emprunts de gravité. Les drames gardent une retenue pudique et se parent de notes d’humour inattendues.
Programmation de la Cinémathèque
Un extrait de
Kitty, La Duchesse des bas-fonds (1945) :