Si vous partez en vacances cet été (ou même si vous restez chez vous), pensez à mettre ce rafraîchissant Quand tout se fait la malle dans... votre valise. En dégustant votre Daiquiri allongé sur une chaise longue aux abords de la mer sous un soleil de plomb, vous saurez au bout de deux jours top chrono que toutes les stations balnéaires ne se ressemblent pas. Prenez celle qui sert de décor à Mike Hodges : elle est pluvieuse, froide, sinistre à souhait, jonchée de restaurants indiens dont la nourriture donne des nausées. Normal, on est en Angleterre et le lecteur, lui, est content de ne pas y être. Car, et ce n'est pas la moindre des ironies, le roman de Hodges n'a, jusqu'ici, été publié qu'en France. Dieu sauve la République !
Stéréotype d’un certain type de personnage de looser qui espère toucher le gros lot, Mark Miles, le protagoniste principal, est une sorte d’alter ego de Hodges dont il semble partager l’admiration et la fascination mêlés de répulsion et de dégoût pour les Etats-Unis. Manager sans le sou, monteur de spectacles, british à l’accent ricain, Miles sait qu’Ayling-on-sea n’est pas Las Vegas mais continue à en rêver. C’est bien connu, l’Amérique c’est la trique ! Mais attention à la débandade idéologique : au contact des « cousins » et autres « gens des colonies », l’homme de spectacle se voit ici dépassé par un show dont il n’imagine ni l’ampleur, ni la nature de son propre rôle, ni la morale totalitaire.