Quand tout se fait la malle de M. Hodges

Le Diable reste dans sa boite


Le réalisateur britannique Mike Hodges était connu jusqu'ici pour ses thrillers hard boiled (Get Carter, Pulp, Seule la mort peut m'arrêter), ses films de science fiction (The Terminal Man, Flash Gordon) et ses clips musicaux (The Queen). Le voilà qui s'attaque aujourd'hui à la littérature à travers son premier roman, Quand tout se fait la mâle, polar décalé, scabreux, fortement sexué et réjouissant.


Quand tout se fait la malle de M. Hodges

Si vous partez en vacances cet été (ou même si vous restez chez vous), pensez à mettre ce rafraîchissant Quand tout se fait la malle dans... votre valise. En dégustant votre Daiquiri allongé sur une chaise longue aux abords de la mer sous un soleil de plomb, vous saurez au bout de deux jours top chrono que toutes les stations balnéaires ne se ressemblent pas. Prenez celle qui sert de décor à Mike Hodges : elle est pluvieuse, froide, sinistre à souhait, jonchée de restaurants indiens dont la nourriture donne des nausées. Normal, on est en Angleterre et le lecteur, lui, est content de ne pas y être. Car, et ce n'est pas la moindre des ironies, le roman de Hodges n'a, jusqu'ici, été publié qu'en France. Dieu sauve la République !

Stéréotype d’un certain type de personnage de looser qui espère toucher le gros lot, Mark Miles, le protagoniste principal, est une sorte d’alter ego de Hodges dont il semble partager l’admiration et la fascination mêlés de répulsion et de dégoût pour les Etats-Unis. Manager sans le sou, monteur de spectacles, british à l’accent ricain, Miles sait qu’Ayling-on-sea n’est pas Las Vegas mais continue à en rêver. C’est bien connu, l’Amérique c’est la trique ! Mais attention à la débandade idéologique : au contact des « cousins » et autres « gens des colonies », l’homme de spectacle se voit ici dépassé par un show dont il n’imagine ni l’ampleur, ni la nature de son propre rôle, ni la morale totalitaire.


Quand tout se fait la malle de M. Hodges

Grand amateur de culture populaire américaine, Mike Hodges connaît ses classiques littéraires et cinématographiques. De Dashiel Hammett à Raymond Chandler, toutes les références du roman noir passent dans ce récit humoristique mais sombre hanté par les fantômes de quelques grandes figures hollywoodiennes tels que Sydney Greenstreet, William Bendix ou Bela Lugosi. Autant que le présent roman, Pulp était un hommage aux films noirs et séries B américaines avec ses premiers et ses seconds rôles de choix puisque Mickey Rooney, Lizabeth Scott et Lionel Stander complétait un casting riche d’Al Lettieri et de Michael Caine. Celui-ci, flegmatique interprète d’un auteur de polars sulfureux, y était dépassé, le temps d’une enquête sicilienne, par le personnage de détective qu’il avait pourtant inventé. Comme Pulp, Quand tout se fait la malle est une œuvre pop’ et pulp de Hodges au rythme soutenu, à la narration déconcertante, aux constantes ruptures de ton et aux traits d’esprits cinglants. Mais que ceux qui profitent de l’été pour jouer à la pétanque, une merguez dans une main, un pastis dans l’autre, ne s’émeuvent pas car il y a bien une chose qui ne change pas : ces rouquins d’Anglais rêvent toujours autant de soleil mais ne bronzent pas plus qu’avant.

D. Z.


Genre : Policier
Collection : Rivages/Noir | Numéro : 734
Traduit de l' Anglais par Alexis G. Nolent
Poche | 288 pages. | Paru le : 06-05-2009 | Prix : 8.50 €
GENCOD : 9782743619701 | I.S.B.N. : 2-7436-1970-8
Éditions : Rivages



(Prologue de Pulp)




Le Roman russe au cinéma


John Milius

vente

vente

(Prix : 4 €)


Inscrivez-vous à la newsletter

Consultables en ligne

Téléchargement

© Revue Acmé – Février 2011
Facebook MySpace Rss