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Parker, Tome 1 - Le Chasseur

« Somebody owes me money »


Inspirées par les adaptations de célèbres romans noirs par Rivage Noir et Castermann, les éditions Dargaud publient le premier tome des aventures de Parker, gangster hard boiled inventé en 1962 par Donald Westlake sous le pseudonyme de Richard Stark.


Parker, Tome 1 - Le Chasseur

Revenu d’entre les morts, teigneux, brutal et sans remords, Parker entend se venger de sa femme et de son associé qui l’ont trahi lors d’une affaire. Désireux de récupérer sa part du butin, le cambrioleur se heurte à l’organisation du crime mais n’en démords pas, n’évite pas la confrontation direct et poursuit son objectif avec rage et obstination. Si l’histoire est connue, c’est que Comme une fleur (The Hunter) a déjà été adaptée au cinéma par John Boorman (Le Point de non retour) et Brian Helgeland (Payback), Parker revêtant les traits de Lee Marvin et Mel Gibson. Ici traduit par Tonino Benacquista, Westlake a dressé le portrait d’un franc-tireur du crime, l’artisan isolé usant de sa force et de son intelligence débarrassées d’état d’âme pour s’opposer à la machinerie corporatiste. Parker est un anti-héros américain par excellence – il est à la fois le petit fermier faisant face au grand propriétaire terrien et un individualiste subversif qui agit dans un but purement destructeur comme s’il désirait que le monde se pare du caractère chaotique de son esprit.

Parker, Tome 1 - Le Chasseur

Les planches de Darwyn Cooke retranscrivent à merveille l’aspect suranné des films noirs et du New York des années 1960 où la sobriété stylisée des costumes se fond dans l’épure architectural des décors inspirés de Franck Lloyd Wright. Les dessins empruntent aux bandes dessinées anciennes auquel la bichromie bleutée et les pigmentations spécifiques donnent un cachet artistique proche du Pop’art. La majorité de l’action se passe dans la nuit urbaine dont l’atmosphère est rendue à travers des dessins fait de jeux d’ombres et de lumières – Parker lui-même étant caché la plupart du temps soit entièrement, soit partiellement dans l’obscurité. Cooke imprime des rythmes différents à chaque action. Tantôt les dessins sont elliptiques et suggestifs, tantôt ils sont frontaux et découpent l’action en plusieurs planches. Ainsi, les vingt-cinq premières pages quasi-muettes fuient la représentation directe du personnage et sont un modèle de découpage qui s'enchaîne logiquement. A l’instar de L’Impasse de Brian De Palma, la vision d’une affiche ventant une île paradisiaque est le moteur du flashback. Progressivement le dessin change de pigmentation et le récit se met en place adoptant texte et cadre au contexte. Le style abrupt de la bande dessinée est imprégné de la personnalité de Parker. Le personnage a de fait les traits de dessins qui reflètent ses traits de caractère : mâchoire carrée, visage taillé à la serpe, corps massif, expressions du visage colériques et froides jamais souriantes. Auteur de plusieurs épisodes The Spirit et de Batman, Cooke poursuit dans la voie du mélange entre film noir et histoire de superhéros dont son Parker a clairement le potentiel. La suite annoncée en fin d’ouvrage est attendue avec d’autant plus d’impatience.

D. Z.

Bande-annonce de Le Point de non retour / Point Blank de John Boorman (1967)


Parker, Tome 1 - Le Chasseur
Dessinateur : Darwyn Cooke
Scénario : Richard Stark
Éditeur : Dargaud
Date de parution : 25 mars 2010
ISBN : 978-220506472X
19 euros




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