Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé


Après un cinquième volet pour le moins décevant David Yates revient avec Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, un film de bien meilleure facture…


Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé
Trop hâtif dans son traitement de l’histoire et des personnages, Harry Potter et l’Ordre du Phénix pêchait par la faiblesse de son scénario. Confiée à Michael Goldenberg (Contact, Peter Pan) l’adaptation du roman-pivot de la saga faisait l’effet d’une simple mise en images de ses meilleurs passages. Si l’idée de coller au plus proche du roman demeurait envisageable avec les deux premiers opus, la taille conséquente du cinquième volume (le plus imposant de la saga) nécessitait une véritable ré-appropriation de l’histoire. Or Goldenberg avait totalement échoué sur ce point. Harry Potter et le prince de Sang-Mêlé bénéficie du retour de Steve Kloves, scénariste des quatre premiers volets. Grâce à d’intelligentes coupes, le film gagne en légèreté et compréhension sans pour autant jamais perdre de vue la trame narrative globale et la logique de progression du roman. Certains éléments essentiels éliminés seront d’ailleurs sans doute réintroduits dans l’adaptation en deux parties du dernier opus. Seule erreur notable, la véritable nature du professeur Snape (le toujours excellent Alan Rickman) ne fait pas véritablement mystère…

Fidèle à l’esprit de J.K. Rowling, le film jouit d’un parfait équilibre entre l’histoire à proprement parler (la quête des souvenirs et la découverte des Horcruxes de Voldemort) et le traitement de ses personnages. Les scènes menées à grand renfort d’effets spéciaux alternent avec les émois de ces jeunes gens de 17 ans et des passages souvent très drôles (c’était d’ailleurs sur ce point qu’avait été le mieux exploité le talent de Mike Newell, réalisateur de Harry Potter et la Coupe de feu). On est heureux de voir évoluer, d’épisode en épisode, les mêmes personnages interprétés par les mêmes acteurs (y compris les second couteaux qui ne font plus ici office que de simples figurants). Mention spéciale à Michael Gambon qui, après deux prestations ratées, retrouve la force tranquille du Professeur Dumbledore.
Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé

Sans être virtuose, David Yates met très agréablement en images l’univers de J.K. Rowling. De même qu’il sait s’attarder sur les états d’âme des ses personnages, il n’oublie pas de toujours jouer avec l’émerveillement engendré par la redécouverte d’un monde magique. Certes, le réalisateur ne fera pas oublier Alfonso Cuaron, dont le Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban demeure de loin le meilleur volet de la saga. On est toutefois optimiste quant à l’adaptation de Harry Potter et les reliques de la Mort, de nouveau confiée au couple Yates-Kloves et dont la première partie est prévue pour novembre 2010.


Mischief managed !


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© Revue Acmé – Février 2011
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