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GOOD JOB !

Par Danilo Zecevic


Sept Films d'Allan Dwan : Quatre étranges cavaliers (Silver Lode - 1954) ; La reine de la prairie (Cattle Queen of Montana - 1954) ; Tornade (Passion - 1954) ; La mariage est pour demain (Tennessee’s Partner - 1955) ; Les rubis du prince birman (Escape to Burma - 1955) ; La perle du Pacifique sud (Pearl of the South Pacific - 1955) ; Deux rouquines dans la bagarre (Slightly Scarlet - 1956). Sortis en dvd chez Carlotta depuis le 19 novembre 2009.


GOOD JOB !

« Je ne vois personne qui incarne mieux le cinéma et son industrie que Dwan et sa carrière. »
Robert Blees


Un travail d’équipe

Un ancien adage cinéphile prétendait que si un western était tourné avec John Wayne, il s’agissait à coup sûr d’une série A, mais si le film avait été joué par John Payne, ce ne pouvait être qu’une série B. Roi ou bouffon, Allan Dwan les dirigea tous deux avec un égal amour du métier, et peu lui importait le sacrilège. Il avait tout connu, du faste des années Fairbanks jusqu’à l’antichambre de la RKO en passant par les véhicules de la Fox et les « gros » budgets de la Republic. Chouchou d’une frange de la critique française grâce à ses westerns tardifs, il était à lui seul la négation de la politique des auteurs. Le seul parti pris politique de ce pionnier du cinéma semble avoir été ce plaisir primaire du cinéma qu’on dit épicurien. Humble et réaliste, Dwan considérait le cinéma comme un travail d’équipe, le réalisateur comme son capitaine. Il n’avait que faire de ces metteurs en scène qui se prenaient pour Dieu. Selon lui, la qualité d’un film dépendait essentiellement du travail de ses collaborateurs et producteurs, rarement de son propre rôle de grand coordinateur. Dernier pied de nez, ses films n’avaient rien à envier à ceux de ses contemporains, à la personnalité jugée plus marquante et plus envahissante.

Sur la série de dix films qu’il réalise pour le compte de la RKO, le producteur Benedict Borgeaus l’entourera d’une fine équipe composée du chef opérateur John Alton, du compositeur Louis Forbes, du monteur James Leicester et du décorateur Van Nest Polglase. A Dwan alors de composer au mieux avec cette multitude de talents. A qui alors attribuer la réussite de ces films obliques, à l’aspect bonhomme et au charme suranné ? A Alton qui sut photographier des cadres mariant ombres, lumière naturelle et magie chatouillante du Technicolor ? A Forbes et à ses compositions lyriques ? Au montage juste et délicat de Leicester ? A Polglase et à sa capacité à maquiller avec goût les décors ayant déjà servi dans d’autres films ? A Dwan pour son art de la narration et la simplicité de son cadrage ? Ou à Borgeaus qui réussit à réunir une équipe de professionnels chevronnés qui respectaient le travail d’autrui sans se marcher sur les pieds ?
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