Au cinéma, ce peut être la fin du monde plusieurs fois par an, et c’est un avantage : au moins pouvons-nous, en plongeant les yeux dans l’écran comme dans un miroir reflétant notre avenir potentiel, espérer corriger les erreurs de notre présent. Ou peut-être faut-il s’effrayer de ce que le spectacle cinématographique aime tant nous confronter à la mort et à la destruction à grande échelle. Le pire, c’est que nous adorons cela, que nous prenons du plaisir à ces images d’annihilation massive transformées en pur divertissement. Une catharsis de nos plus grandes peurs ? Ou une manière de nous préparer à l’inexorable disparition du genre humain ? Métamorphosé en prophète de malheur, le 7e art, surtout à Hollywood, égrène les virtualités de la fin du monde avec régularité depuis plusieurs décennies. Et pourtant, dans les « films de fin du monde », ainsi qu’on peut librement les nommer, l’homme n’est pour rien dans le déchaînement des calamités : c’est la planète elle-même qui, par celluloïd interposé, ne cesse de vouloir châtier notre égocentrisme.
Nature vs humanité
Le denier de ces films absolutistes, 2012, ne propose rien de moins qu’un patchwork de toutes les catastrophes naturelles imaginables qui peuvent toucher le genre humain. Le schéma narratif est identique à celui du précédent opus de Roland Emmerich, Le Jour d’après, à ceci près qu’au lieu de souffler le froid la Terre de 2012 ressemble plutôt à une immense cocotte minute prête à exploser dans des gerbes de chaleur. ...